Jouer plusieurs tables à la fois multiplie le nombre de mains, donc le gain horaire, tant que le winrate ne s’effondre pas. Pour un joueur qui découvre le poker en ligne, deux à quatre tables de cash game suffisent ; au-delà, ce sont l’organisation de l’écran, les réglages du logiciel et la gestion de la time bank qui font la différence. Les plafonds dépendent de la room : Winamax n’en fixe pas, PokerStars limite le cash game classique à quatre tables depuis 2019.
Combien de tables autorise chaque room
Le multitabling est une pratique admise par les rooms agréées en France, qui fixent elles-mêmes leurs éventuels plafonds. Les règles publiées ne se ressemblent pas :
| Room | Plafond de tables | Précision |
|---|---|---|
| Winamax | Pas de plafond fixé par la room | Sa FAQ indique que la seule limite est la puissance de l’ordinateur |
| PokerStars | 4 tables de cash game classique | Réduction de 24 à 4 tables entrée en vigueur le 20 août 2019 ; le Zoom et les tournois n’étaient pas concernés |
| Unibet (application mobile) | 5 tables sur iPad, 4 sur les autres appareils | Plafond sur ordinateur non précisé |
PokerStars a présenté sa décision de 2019 comme une mesure en faveur des joueurs occasionnels, face aux réguliers qui ouvraient une vingtaine de tables. Le Zoom, sa version du cash game fast-fold, en est resté exempté : une seule table y sert 200 à 250 mains à l’heure, l’équivalent de deux à trois tables classiques. Pour le mobile, les contraintes d’écran sont détaillées dans l’article sur le poker en ligne sur mobile.
Le calcul qui justifie une table de plus, ou pas
Le gain horaire se calcule simplement : winrate en bb/100 × mains par heure / 100. Une table de 6-max sert environ 90 mains à l’heure. Le tableau suivant part d’une hypothèse de baisse du winrate à chaque table ajoutée ; les chiffres sont illustratifs, la vraie courbe est personnelle.
| Tables | Mains par heure | Winrate (hypothèse) | Gain horaire |
|---|---|---|---|
| 1 | 90 | 6 bb/100 | 5,4 bb/h |
| 2 | 180 | 5 bb/100 | 9 bb/h |
| 4 | 360 | 4 bb/100 | 14,4 bb/h |
| 6 | 540 | 3 bb/100 | 16,2 bb/h |
| 8 | 720 | 1,5 bb/100 | 10,8 bb/h |
Le point d’inflexion arrive quand la table supplémentaire coûte plus de winrate qu’elle n’apporte de volume. Le problème, c’est qu’il faut des dizaines de milliers de mains pour mesurer un winrate avec une précision utile. Sur ce point, je n’ai pas de règle générale à donner : je conseille d’ajouter une table à la fois, et de rester à ce nombre au moins 20 000 mains avant de comparer. Gardez aussi en tête que le volume accélère les swings par heure, ce qui pèse sur la bankroll à prévoir, et qu’il fait grimper le rake payé à l’heure (voir le rake main par main).
Les formats ne se valent pas non plus. En tournoi multitable, les premiers niveaux demandent peu de décisions difficiles, ce qui permet d’ouvrir davantage de tables en début de session. En Spin & Go, les parties à trois joueurs vont vite et les décisions à tapis court s’enchaînent : le nombre de tables raisonnable y est plus bas qu’on ne l’imagine.
Mosaïque, cascade, pile : organiser l’écran
Trois dispositions coexistent dans les logiciels. La mosaïque place les tables côte à côte sans chevauchement. La cascade les superpose en décalé. La pile les empile au même endroit, le logiciel faisant passer devant celle qui attend une décision. Winamax propose aussi son Playground, un espace pensé pour organiser les tables à sa façon.
Je préfère la mosaïque jusqu’à six tables : chaque table reste lisible en permanence, et on ne clique jamais sur un bouton de la mauvaise table. La pile convient aux joueurs qui ouvrent beaucoup de tables, mais elle supprime toute vision d’ensemble. Quelle que soit la disposition, trois réglages aident :
- des boutons de mise préréglés identiques sur toutes les tables (relance à 2,5 grosses blindes, mise à la moitié ou aux deux tiers du pot) ;
- les cases de pré-action (fold, check/fold) pour les mains que vous jetterez de toute façon ;
- une seule variante et une seule limite par session, pour ne pas avoir à changer de repères d’une table à l’autre.
La time bank, ressource à surveiller
Chaque décision dispose d’un temps de base, après lequel le logiciel puise dans une réserve de secondes supplémentaires, la time bank. Chez Winamax, un bouton placé à côté des actions permet de demander ce temps supplémentaire. Quand la réserve est vide, le logiciel joue à votre place, en général check si c’est possible, sinon fold.
En multitabling, la time bank part vite : plusieurs tables réclament une décision au même moment, et ce sont les grosses mains, celles qui demandent du temps, qui arrivent en même temps que les autres. Ma règle : régler les décisions simples instantanément pour garder la réserve aux gros pots. Côté adversaires, n’accordez pas trop de crédit au timing d’un multitableur : un long temps de réflexion signifie souvent qu’il jouait sur une autre table, pas qu’il hésite. Ce changement de lecture est développé dans l’article sur ce qui change entre le live et le poker en ligne.
Quand la mémoire ne suffit plus : HUD et statistiques
À une table, on se souvient de qui relance tout. À six, c’est impossible sans aide. Là où ils sont autorisés, le tracker et le HUD (heads-up display, l’affichage des statistiques sur la table) prennent le relais. Winamax intègre à son logiciel un HUD (VPIP, PFR, 3-bet, nombre de mains sur 60 jours glissants) ; Unibet interdit les logiciels tiers de suivi. Les règles room par room sont détaillées dans l’article sur les trackers et HUD, et la lecture des chiffres dans celui sur les statistiques VPIP, PFR et 3-bet.
Sans HUD, les notes manuelles et les codes couleur proposés par la plupart des logiciels font l’essentiel du travail : un joueur noté « relance trop large en bouton » suffit souvent à prendre la bonne décision sur la table voisine.
Multitabling : ce qui revient avant d’ouvrir une table de plus
Combien de tables peut-on jouer en même temps sur PokerStars ?
Depuis le 20 août 2019, PokerStars limite le cash game classique à quatre tables, contre 24 auparavant. Le Zoom et les tournois n’étaient pas concernés par cette réduction. Les plafonds affichés dans le logiciel font foi en cas de changement.
Le multitabling est-il autorisé en France ?
Oui. Les rooms agréées l’autorisent et fixent elles-mêmes leurs plafonds : Winamax n’en impose aucun, PokerStars s’arrête à quatre tables de cash game classique. Ce sont les logiciels d’aide tiers, pas le nombre de tables, qui font l’objet de règles strictes.
Combien de tables jouer quand on débute en ligne ?
Deux tables, puis une de plus quand les décisions deviennent automatiques sur les mains simples. Ajouter une table à la fois et jouer au moins 20 000 mains à ce rythme permet de vérifier que le gain horaire progresse vraiment.
Peut-on jouer plusieurs tables sur mobile ?
Oui, dans une moindre mesure. L’application Unibet autorise cinq tables sur iPad et quatre sur les autres appareils. Sur un petit écran, on bascule d’une table à l’autre plutôt que de toutes les voir en même temps.
Auteur d’Online Poker Info : suit le poker en ligne français depuis l’ouverture du marché en 2010, et lit les rapports de l’ANJ avant les communiqués des rooms.



